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24 septembre 2012

Vu: Aurore Dal Mas / Ultima

Aurore Dal Mas / Ultima Musée de la Photographie de Charleroi / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne 22/9/2012 - 20/1/2013 La vision de ces grands formats (100x150) dans la petite salle du musée de la photographie de Charleroi prend le spectateur au dépourvu. Chaque vision est captivante. Chaque image est une fenêtre pleine d'une énergie folle. Et le papier mat des tirages semble, en même temps qu'ils contient sa lumière, aspirer vers lui celui qui s'y laisse prendre. Fascinant!

09 mars 2012

Vu: Elka / Double mixte

Elka / Elodie Laurent&Stéphane Kiszak / Double Mixte
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
21/1/2012 - 20/5/2012

Une vision décalée et ironique du rapport modèle photographe.

08 mars 2012

Vu: Witho Worms / Cette montagne, c'est moi

Witho Worms / CETTE MONTAGNE C'EST MOI
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
21/1/2012 - 20/5/2012

"Durant 6 ans, Witho Worms a minutieusement photographié des terrils en Belgique, en France, au Pays de Galles, en Allemagne et en Pologne. Pour ce projet, il a reformulé l’impression au charbon, une technique photographique du 19e siècle. Chaque montagne étant imprimée avec son propre charbon, récolté par le photographe. Dans Cette montagne c’est moi, Witho Worms reconstruit la montagne comme elle ne l’a encore jamais été, noire et dépouillée, dépourvue de toute vie, comme une trace monumentale que l’homme a faite dans le paysage. Il pourrait affirmer que la montagne s’est créée elle-même, mais cela n’est naturellement pas tout à fait vrai. Il est lui-même responsable d’un certain nombre de décisions par lesquelles le procédé se déroule de cette manière… «Cette montagne c’est moi» affirme-t-il. "

Une expérience visuelle et contemplative.

07 mars 2012

Vu: Jan Banning / Bureaucratics

Jan Banning / BUREAUCRATICS
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
21/1/2012 - 20/5/2012

"De 2003 à 2007, l’auteur Will Tinnemans et le photographe hollandais Jan Banning ont tiré le portrait de bureaucrates éparpillés dans huit pays choisis, de la Chine aux Etats-Unis en passant par l’Inde, le Liberia, le Yémen, la Bolivie, la Russie ou encore la France. «L’idée qui sous-tend Bureaucratics est basée sur des expériences et des irritations dues aux procédés bureaucratiques mais également à la fascination que l’on a pour la manière dont des dizaines de millions d’officiels dans le monde entier font tourner le gouvernement […] Le photographe a opté pour un concept et une composition serrés avec un arrangement parallèle d’objets visuels, une approche dans laquelle les connaisseurs reconnaîtront les maîtres néerlandais comme Johannes Vermeer et Piet Mondrian.»"

On verra aussi dans ces photos une sorte d'anthropologie du fonctionnaire et une analyse de sa relation au public. Mesurez donc l'impact d'un bureau face au public, de profil ou en 3/4. Sentez l'impact de l'arrière plan et de ce qui l'habite. Pesez enfin le poids du meuble qui nous sépare du bureaucrate.
En parcourant cette exposition, on a le sentiment de faire soi-même l'expérience bureaucratique.

05 mars 2012

Vu: Georges Vercheval / L'ordre des choses

Georges Vercheval / L'ordre des choses / Photographies / 1958-1988
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
21/1/2012 - 20/5/2012

"La fondation en 1987 du Musée de la Photographie a quelque peu éclipsé l’œuvre photographique de Georges Vercheval. L’implication dans le projet muséal du photographe et de son épouse, Jeanne, a occulté en effet un travail entamé au début des années soixante et que peu de gens ont perçu dans son ensemble, n’ayant souvent qu’une vision fragmentaire de certains chapitres, telles les séries des Terrils ou des Fenêtres. Construit par thématiques, et essentiellement réalisé en noir et blanc, le travail de Georges Vercheval ne forme pas pour autant une œuvre éparse. Une même cohérence formelle relie ces séries, leur conférant une approche originale, qu’il s’agisse du regard porté sur le paysage, l’espace urbain, la géométrisation de l’objet ou la capture du temps."

Beaucoup des photos de Vercheval sont marquées du signe de la pyramide. Et même quand on croit ne pas le trouver, c'est le toit d'une maison, ou un panneau de signalisation qui en fait office.
Ses abstractions valent elles aussi le détour. Parfois un peu froides, comme trop marquées par une vision architecturale du monde, mais le plus souvent toute empreintes de la chaleur du regard. Comme cette "bâche" de 1975 où le regard se perd.
Constatation enfin de la faible place pour l'humain dans la photographie de Vercheval. Un monde minéral, contemplé, mais bien peu peuplé par ceux qui ont pourtant dessiné le paysage de la région de Charleroi.
A voir absolument.

14 janvier 2012

Georges Vercheval / Photographies / 1958-1988

Georges Vercheval / Photographies / 1958-1988
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
21/1/2012 - 20/5/2012

29 novembre 2011

Vu: Jean Revillard / Sarah on the Bridge

Jean Revillard / Sarah on the Bridge
Galerie Cerami / route de Philippeville 346 / B-6010 Charleroi
19/11/2011 - 23/12/2011

Elle a un dos, des fesses, un matelas, quelques chaises ça et là, comme une sorte de territoire aussi, mais pas de visage. Le piètre luxe des sous-vêtements contredit la pauvreté du décor. Un corps pour baiser, mais pas vraiment d'identité.
Les photos de Jean Revillard sont un coup de poing dans l'estomac. Le signe évident d'un rendez-vous collectif manqué avec le Sud en même temps que celui de la capacité du photographe à le représenter...
Comme chaque expo à la Galerie Cerami, à voir absolument.
Et, au fait, la chaise... regardez les photos, elle fait bien partie de l'expo...

"J’ai rencontré Sarah un jour de mars dans une forêt, le long d’une route de campagne au Nord Est de Turin. Elle vendait son corps sur un chemin de terre. La rencontre fut farouche, pleines de peurs réciproques, et les premières photos bancales. Sarah n’était pas qu’une fille parmi d’autres à photographier sur ces routes de campagnes au Nord Est de Turin.
Ces zones, je les repère à l’aube depuis plusieurs mois. Je tourne en rond sur quelques routes pour cartographier les places des "lucioles" comme on les appelle en Italie, pour rencontrer les filles en prostitution qui remboursent ainsi leur passage en Europe. Et à force de passer et de repasser encore, à force de m’arrêter, à force de dire simplement bonjour, une fille m’a accordé sa confiance. Et Sarah sur son pont s’est révélé être une évidence.
Il y a la fille, Ses mots. Il y a sa route, sa chaise, son feu et son parasol. Il y a ce chemin de terre, la forêt, les matelas, et au milieu il y a ce pont qui à lui seul est une métaphore de ce passage si difficile pour gagner l’Europe.
"
Jean Revillard / Caluso juin 2010

12 octobre 2011

Jean Ledocq / JY Elles

Jean Ledocq / JY Elles
Galerie Intimerrance / rue Vandervelde, 95 / B-6110 MONTIGNY-LE-TILLEUL
22/10/2011 - 5/11/2011

27 septembre 2011

Vu: Le temps des cerises / La commune de Paris en photographies

Le temps des cerises / La commune de Paris en photographies
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
24/9/2011 - 15/1/2012

Ceux qui aiment la commune ou la photographie ancienne aimeront cette expo... les autres iront voir les autres expos, et les collections permanentes du musée...

"Le 18 mars 1871, après la débâcle de l’armée française contre les Prussiens, la chute du Second Empire, le long siège de Paris et la famine, puis l’entrée des Allemands dans la capitale, le peuple de Paris se soulève, refusant la défaite et l’humiliation.
Si la tentative du gouvernement bourgeois d’Adolphe Thiers – qui négocie avec l’occupant – de reprendre les canons de la Garde nationale payés par souscription populaire déclenche l’insurrection, le feu couvait sous la cendre depuis 1830 dans la capitale : la création de l’Internationale en 1864 à Londres, les procès contre ses adhérents en France, l’emprisonnement de Blanqui, de Delescluze, sont quelques signes du mécontentement que le pouvoir ne parvient plus à juguler, l’expression d’une légitime revendication à plus d’égalité et de justice.
Du 18 mars au 28 mai 1871, date de la chute de la dernière barricade, mais pas hélas des massacres, soit durant 72 jours, la Commune instaurera par le travail de ses commissions le droit de vote universel, l’égalité des salaires, l’abolition de la peine de mort, la suppression du travail de nuit, l’instruction obligatoire et tant d’autres mesures qu’il faudra ensuite un siècle pour voir appliquées : le massacre des Communards n’avait pas éteint la flamme, la Commune avait un siècle d’avance.
Longtemps, dans les manuels d’histoire, la Commune et la guerre de 1870 furent confondues, mêlant adroitement la défaite infligée au Second Empire et l’insurrection qui s’ensuivit, les sinistres généraux vaincus se rachetant en sabrant leurs compatriotes et leurs anciens soldats. De cette guerre civile dont on ne voulut longtemps parler, l’on préféra retenir les ruines de Paris imputées aux Communards, elles-mêmes confondues aux bombes versaillaises ou aux ruines d’une guerre que la France provoqua. L’on justifia le massacre des insurgés, leurs exécutions sommaires, en invoquant l’alcoolisme, les agents étrangers, les mœurs dissolues et la furie des femmes converties en «pétroleuses», enflammant Paris de leurs torches – une légende tenace ; l’on opposa l’exécution de quelques otages à plus de 30 000 morts ; «la haine du pauvre» était profonde et s’exerça longtemps encore, bien après les condamnations, la déportation et l’amnistie de 1880 : il n’est jamais bon de se souvenir que les peuples se soulèvent, il est plus séant qu’on les dise attaqués.
La Commune de Paris fut la première insurrection à être autant photographiée : barricades, insurgés, ruines modernes et plus seulement antiques, elle se fit le sujet de nombreux clichés, de nombreux albums, les photographes abondant alors dans la capitale. Paris devient même durant quelques mois une nouvelle Rome où l’on venait de l’étranger découvrir et photographier les ruines encore chaudes. Il manque pourtant au «film» des journées tragiques du printemps de 1871 ce qui ferait aujourd’hui les conditions d’un reportage : il n’est, à quelques rares et précieuses exceptions, ni combat, ni massacre ; seuls demeurent les constats des événements tragiques. Ce que la photographie n’avait pu pour des raisons techniques parvenir à fixer, elle fut contrainte de le composer, comme ces mises en scène d’enfants ou de soldats morts pour Marconi, comme ces photomontages d’Appert des exécutions d’otages, des prisons ou des états-majors, la photographie se faisant ici l’inquiétante auxiliaire du pouvoir. Au départ de la collection de Jessy et Ronny Van de Velde, complétée de divers prêts provenant de collections privées ou publiques, telles le Musée Carnavalet ou la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, plus qu’une chronologie des faits, l’exposition Le Temps des cerises. La Commune en photographies se propose d’examiner le rôle de la photographie au regard des faits, sa valeur testimoniale devant l’événement, en dépassant la légende.




Xavier Canonne,
Directeur du Musée de la Photographie à Charleroi


Le Temps des cerises. La Commune en photographies
Un livre de 177 pages, 200 illustrations
Avant-propos de Xavier Canonne
Textes de Jean Baronnet et Johan Pas
Co-édition Les éditions de l’Amateur – Pandora – Musée de la Photographie à Charleroi.

Le film Une journée au Luxembourg de Jean Baronnet (1994) sera projeté, en présence de Jean Baronnet, dans l’auditoire du Musée de la Photographie le jeudi 27 octobre 2011 à 19h.
Réservation obligatoire au 071/435810.
«En mai 1871, Maxime Vuillaume, rédacteur du «Père Duchêne», est arrêté. Avec d'autres suspects, il attend son jugement au jardin du Luxembourg pendant que l’on fusille au-dehors. Condamné à mort, il est sauvé in-extremis du peloton d'exécution par un Versaillais.»"

26 septembre 2011

Vu: Francesco Nonino / La Panchina

Francesco Nonino / La Panchina
Galerie Cerami / route de Philippeville 346 / B-6010 Charleroi
17/09/2011 - 22/10/2011

Brassens l'avait chanté, Francesco Nonino l'a photographié: un regard ironique et tendre sur un banc public.
Partant d'un cadrage rigoureux, qui pourrait être celui, froid, d'une caméra de surveillance, il arrive à produire une oeuvre totalement conceptuelle et excessivement anecdotique. Une photographie simple, presque minimaliste, s'il n'y avait les accessoires apportés par les utilisateurs du banc.
On s'étonne alors de voir combien de vie se joue sur un seul banc, mais aussi de tant de gestes de tendresse et de compassion échangés. On dirait que tout l'espace qui entoure ce banc, et qui n'est pas vu, toute la place ou toute la ville est concentré précisément là. Que la ville, ou le monde entier viennent y vivre, ou bien s'y montrer.
Et puis, au bout du compte, on en vient à se demander aussi si le banc n'aurait pas une personnalité; si ce n'est pas lui à la rencontre duquel viennent tous ces gens...
Rigoureux et sensible.

Rebecca Lenaerts / Trekvogels - Oiseaux voyageurs

Rebecca Lenaerts / Trekvogels - Oiseaux voyageurs
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
24/9/2011 - 15/1/2012

"En juin 2010, à l’initiative de MUS-E Belgium, deux classes de 6e primaire, l’une d’Anvers, l’autre de Mont-sur-Marchienne se rencontrent pour la première fois au musée en vue de peaufiner ensemble leur installation Trekvogels/Oiseaux voyageurs. Telle une cerise sur le gâteau après une année scolaire de travail et d’échanges, cette installation pédagogique contenait en germe la deuxième phase du projet, artistique cette fois, l’une nourrissant l’autre et inversement.
Un double projet qui, comme son nom l’indique, invite au voyage...
Et de voyages, il en est question à plus d’un titre. C’est que celle qui a porté ce projet à bout de bras, l’artiste-comédienne Rebecca Lenaerts, aime les voyages. Les siens : de la Flandre à la Wallonie en passant par Bruxelles ou encore Berlin, elle a souvent la bougeotte ; ceux qu’elle fait vivre aux autres, par le biais d’histoires sonores. Des voyages qui tous favorisent le dialogue inter-communautaire : si deux classes d’horizons linguistiques différents avaient été intégrées dans le projet pédagogique, Rebecca a favorisé également les liens entre les deux musées de la photographie en Belgique en les impliquant l’un comme l’autre dans le projet éducatif.
Le voyage, c’est ensuite celui d’une salle d’archivage à une salle d’exposition pour une collection de diapositives conservées au Musée de la Photographie et prises par un couple de photographes amateurs pendant leurs vacances à travers l’Europe de l’Ouest des années ‘50 aux années ‘70 : le matériau de base de l’installation à découvrir dans la galerie du cloître.
Les diapositives agrandies et projetées en triptyque servent de fil rouge à la création artistique. S’y ajoute une bande sonore. Les voix, les sons viennent influencer le regard que l’on porte sur l’image et son interprétation. A moins que ce ne soit l’inverse ? Et c’est le début d’une nouvelle histoire à entrées multiples. La comédienne propose en effet un voyage entre quotidien et imaginaire. Si elle part des diapositives, elle en retient des paysages, pour une ligne graphique, un arbre évocateur ; un personnage surtout, une femme. Seule à l’image, souvent photographiée de profil, elle se dérobe au regard de son compagnon de route, pour l’heure photographe, et par là même du nôtre, redoublant par le regard les liens qui s’établissent graphiquement entre les images. Les diapositives défilent sur des rythmes variés mais la pose de cette femme reste souvent identique quels que soient les paysages. Des paysages qui font penser aux décors peints des studios photographiques du 19e siècle. Interchangeables – l’Italie pourrait tout aussi bien être la France et inversement – ce ne sont plus tant ici les lieux et les époques qui importent que les possibilités narratives et graphiques qu’ils inspirent, le phénomène de la mémoire et du vieillissement qu’ils interrogent.
Désormais le cadre est brossé, mais il reste la vie à insuffler aux personnages. C’est là que l’imagination de l’artiste entre en jeu pour créer la bande sonore, entre documentaire et fiction. Se laissant guider intuitivement par l’image et les quelques informations dont elle dispose sur le couple (telles leurs dates de naissance et de mort), mais aussi par la musique des mots, les sonorités propres à chaque langue. Et la magie opère ; la poésie surgit du silence entre deux mots, entre un son et une image, entre deux images. L’histoire ne tient qu’à un fil, à un film, le nôtre... et pour longtemps encore...

Amélie Van Liefferinge"

25 septembre 2011

Vu: Zoe van der Haegen / Battlefield

Zoe van der Haegen / Battlefield
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
24/9/2011 - ??

Comme d'habitude, la galerie du Soir nous offre un regard nouveau de la jeune photographie belge...
N'oubliez donc pas de faire le tour de l'escalier du hall d'accueil. Zoe van der Haegen vous y attend avec sa vision étrange et décalée sur les périphéries urbaines.
Étrange et un peu inquiétant en même temps que si familier...

24 septembre 2011

Vu: Marion Gronier / I'm your fantasy

Marion Gronier / I'm your fantasy
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
24/9/2011 - 15/1/2012

C'est pour elle que vous devez aller au musée de la photographie de Charleroi ces mois ci...
Les références s'entrechoquent: les "twins" de Mary Ellen Mark, les "freaks" divers de Diane Arbus... parce que Marion Gronier photographie bien des "monstres": pas tant des êtres qui seraient simplement effrayants, ou "monstrueux", mais plutôt, et littéralement, de ceux qu'on "montre"...
Marion Gronier nous fait surtout voir dans l'enfant, et dans ce que certains parents tentent (ou arrivent) à en faire, plus un jumeau ou un clone qu'un descendant...
Surprenant...

"Ce n’est plus seulement un jeu. Sous l’apparence ludique, ces concours témoignent le plus souvent de l’esprit de compétition de ces fillettes prêtes à défiler sur la scène, en quête des réactions d’un jury chargé de sacrer la plus belle de ces princesses d’un soir.
Je les imagine lors de leur première participation, timidement alignées côtés cour et jardin, attendant leur passage sous les feux des projecteurs et le regard attendri de leurs familles installées dans la salle des fêtes. Un peu comme dans mes souvenirs lointains des spectacles annuels de l’académie de danse, quand un joyeux désordre résonnait dans les coulisses. Aujourd’hui, concours après concours, c’est la première marche du podium qui motive ces mini miss que Marion Gronier a photographiées dans les loges des compétitions que les mères elles-mêmes – hors des circuits professionnels et des réglementations qui les accompagnent, fixant notamment l’âge minimal des participantes et limitant les dérives dans la présentation des candidates – organisent dans de petites villes du Nord de la France.
Ici, nulle trace de ce trac qui vous paralyse ou vous fait monter le rouge aux joues, c’est une détermination sans faille, une même tension palpable, un espoir sans cesse renouvelé qui se lisent dans les yeux des mères comme des filles dont les portraits, présentés en diptyque, invitent à un aller-retour répété.
Le regard franc et la ressemblance marquée, toutes fixent l’objectif, soutenant le regard du spectateur.
Noyées de tulle, de satin, de strass et de dentelle, maquillées – parfois à outrance – les fillettes, que l’on pourrait croire en partance pour un bal costumé, ont les rondeurs de l’enfance dans leurs tenues de séductrices que ne remplissent pas complètement ces corps frêles, loin encore des courbes de la féminité.
Il faut être la plus belle, la plus étincelante ou la plus originale, trouver ce petit quelque chose de plus qui la distinguera du lot. A chaque concours, un nouveau défi, pres-qu’un nouveau combat.
Comme l’exprime Marion Gronier à propos de cette série I am your fantasy, «ces portraits fille/mère fonctionnent comme des miroirs, ils interrogent la projection réciproque qui se joue à travers cette activité, les désirs intimes qui s’échangent et se confondent dans cette relation.
Ils soulignent aussi les artifices de la féminité, ces fantasmes contradictoires qui veulent une femme à la fois pure, innocente comme un ange et séductrice, obscène comme un démon. Sur ces visages et ces corps d’enfants, ces critères mêlés deviennent monstrueux et révèlent leur hypocrisie.»


Christelle Rousseau, conservatrice au Musée de la Photographie


Après des études littéraires, la photographe française Marion Gronier choisit la photographie et se consacre à ses projets personnels qui creusent la figure humaine.
De trois séjours de plusieurs mois en Asie – Chine (2005), Inde (2007) puis Japon (2008) – elle rapporte des portraits d’acteurs de théâtres itinérants, photographiés dans les coulisses.
Ce travail a été exposé au Théâtre de Nîmes en 2006, à la galerie Hudson Editions à Paris en 2007, au Festival Chroniques Nomades à Honfleur et à la Biennale Internationale de l’Image de Luang Prabang, Laos, en 2009.
Invitée en résidence à l’Atelier De Visu à Marseille en 2009, elle réalise des portraits de gitans sédentaires. D’autres séjours suivront pour approfondir ce travail. Parallèlement, elle commence un travail, encore en cours, de portraits d’artistes de cirques itinérants. "

23 septembre 2011

Regine Riou / Photographies au Stenope

Régine Riou / Photographies au Sténopé
Maison du Hainaut / Quai de Brabant, 20 / 6000 Charleroi

Régine riou est d'origine française, après six années passées au sein de l'académie des Beaux-Arts Alphonse Darville de Charleroi en photographie, elle décide de parfaire sa formation en fréquentant les cours de Franck dituri (photographie infrarouge) et ceux de Nathalie loparelli (tirage argentique noir&blanc) à Paris.
S'ensuit la participation à différents concours prestigieux comme "La collection rtbf" ou encore "Photographie ouverte" avec le Musée de la photographie de Mont-sur-Marchienne.
Dominique Demaseure, son professeur, la qualifie d'orfèvrephotographe,"parce qu'à la manière de l'orfèvrerie, avec une grande minutie et un soin du détail qui touche à l'absolu, Régine riou assemble avec délicatesse des photographies qui sont le reflet parfait de la jeune femme qu'elle est : De grands yeux ouverts sur le monde avec ce qu'il faut de naïveté, juste ce qu'il faut. Car à bien y regarder, ce regard est parfaitement maîtrisé et personne ne doute de l'intelligence émotive qui le conduit.
Autobiographe, car c'est bien d'un journal visuel qu'il s'agit, construit au jour le jour au gré des rencontres et événements de sa petite tribu sur lequel se pose l'orifice unique de son sténopé piégeant lumière et scène avec ce qu'il faut d'amour ou de science du présent, tout simplement".
Régine Riou tente là une première en voulant soumettre à un plus grand nombre le résultat de ses assemblages de fragments de vie.
Une série de clichés en noir&blanc réalisés au sténopé, des images vaporeuses, infiniment contemporaines.
Une féminité assurée qui invite au mystère et à la poésie.

22 septembre 2011

Jean Grothe / Alzheimer : un journal photographique

Jean Grothe / Alzheimer : un journal photographique
Centre culturel MJC asbl / Rue des Arts, 2 / 7780 Comines
19/9/2011 - 2/10/2011

La maladie d’Alzheimer : un drame familial.
En images et en mots, le vécu d’une mère atteinte de la maladie et le vécu de ses enfants qui la protègent et l’accompagnent.
C’est deux ans après la mort de sa mère décédée de la maladie d’Alzheimer que Jean GROTHE, psychologue et photographe, décide d’utiliser les clichés qu’il a pris d’elle tout au long de sa maladie pour en faire un journal photographique.
Le résultat donne une dimension artistique à un drame humain vécu par des milliers de proches atteints de la maladie d’Alzheimer.
«Alzheimer, sous un angle subjectif et émotionnel».

18 septembre 2011

Francesco Nonino / La Panchina

Francesco Nonino / La Panchina
Galerie Cerami / route de Philippeville 346 / B-6010 Charleroi
17/09/2011 - 22/10/2011

27 juillet 2011

Roland Theys / GO Charleroi

Roland Theys / GO Charleroi
Direction des recherches hydrauliques SPW / Rue de l'abattoir 164 / 6200 Chatelet
03/08/2011 - 29/8/2011

Roland THEYS, né en 1954 est un photographe autodidacte, il vous propose dans le cadre de sa deuxième exposition personnelle, de vous faire découvrir un parcours d’illustrations de la Ville de Charleroi. L’intitulé de cette présentation est « « GO » Charleroi - Le perpétuel changement de la ville ». Cet auteur a pris ce titre, très évocateur, car les travaux et les modifications perceptibles de Charleroi, l’inspire dans sa vision photographique. On y retrouve des œuvres étonnement riches, variées et insolites… Tous les clichés ont été pris courants de l’année 2010, pour le plaisir des yeux des passionnés d’images. Roland THEYS vous convie donc à partager ses découvertes et son ressenti.

19 juillet 2011

Galerie du Soir au Musee de la Photographie de Charleroi

Galerie du Soir
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne

Quand vous allez au musée de la photographie, n'oubliez pas de faire le tour de l'escalier, à l’accueil...
Il se cache en effet souvent, tout près des casiers de la consigne, dans la "galerie du Soir", l'une ou l'autre perle, ou au moins un caillou qui lance quelques éclats. Qui ait au moins la fraicheur de la jeunesse et de l'inexpérience, du pas encore installé ni encore consacré.
N'oubliez pas. N'oubliez plus!

18 juillet 2011

Vu: Bernard Plossu / Charleroi

Bernard Plossu / Charleroi
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
28/5/2011 - 18/9/2011

Les inconditionnels de Bernard Plossu en reviendront sans doute satisfaits.
Je n'y ai pour ma part vu que trop de répétitions et de clichés: du Plossu, et du Charleroi. L'impression de me voir offrir des vues de vingt ans d'age d'une ville américaine par un photographe qui n'y aurait rien compris et n'y aurait surtout pas touché.
Je n'y ai pas non plus trouvé la chaleur des tirages Fresson qui ajoutent tant à l’atmosphère de certaines de ses photos.

Mais mes goûts personnels n'enlèvent rien à l'intérêt de l'idée de faire regarder Charleroi par les auteurs photographes d'aujourd'hui. D'ici quelques années, leurs visions croisées me satisferont sans doute beaucoup mieux.

17 juillet 2011

Vu: Susanna Majuri / Nordic Water Tales

Susanna Majuri / Nordic Water Tales
Musée de la photographie / Avenue Paul Pastur, 11 / 6032 Mont-sur-Marchienne
28/5/2011 - 18/9/2011

Si vous vous déplacez ces semaines ci à Mont-sur-Marchienne pour voir les images de Bernard Plossu, vous en reviendrez très certainement en ayant surtout retenu celles de Susanna Majuri.
Dans une salle souvent consacrée à des œuvres bien plus sages et conventionnelles, elle nous présente ses grandes visions en couleur, de paysages inondés avec personnages. Le procédé est des plus simples... par contre, l'effet est des plus saisissants. Il n'est plus ni haut, ni bas, l'horizontale et la verticale se confondent, et ce qui est ici une couche d'eau pourrait bien ailleurs être une vague inspirée.
Couleurs vives. Regard ébloui.
Un véritable coup de cœur...